EXPOSITION VIRTUELLE
SEUL(S) EN FOULE(S) extraits
Se sentir seul(s). Si seul(s). Dans une cité. Si grande. Si pleine de gens.
Dans un lit, si plein de l'autre.
Seul(s) dans une foule.
Une foule.
Tant de foules.
Je foule le métro. Dans le métro. Il y a foule - dans le métro.
Foule - de gens.
Qui sont ces gens ?
Qui sont ces autres?
Tous ces gens que je colle ? Qui me collent ?
Sont-ils seuls ?
Ont-ils peur ? De moi ? Du vieil ivrogne sale à côté de moi ?
La saleté de l’ivrogne sur le quai.
La solitude de ce quai pour l’ivrogne qui y dort. Traversée, cette solitude, traversé, ce quai, par une multitude de gens.
Plus d’intimité. Mais quand est-il seul ?
Il est seul tout le temps.
Mais il n’a plus peur.
Non, il n’est peut-être pas si seul. Lui. Lui qui dort allongés sur ce quai sale, dégoûtant. Qui me dégoute.
Répugnant. Il est répugnant. Ivre. Sa bouteille l’accompagne tout le temps.
Et tout le temps il rêve. Il a oublié qu’il est seul. Il a oublié qui il est.
Qui il est.
(...)
Et le monde ? qu’en pense-t-il ? Qu'en pense-tu?
Loup y es-tu ? M’entends-tu ? Que fais-tu Loup ?
Viendras-tu m’écouter, me voir, me manger ?
Loup dévores-moi, avales-moi toute crue, je ne demande que ça.
C’est ce que je veux. J’aime mieux ça que de n’être jamais entendue.
texte intégral dans "Seul(s) en Foule(s)"